Baldelli Sicurezza Parlons-en

2023-02-06 · BLOG

Giorgio Baldelli se raconte : « Je voulais construire quelque chose qui m’appartienne »

Baldelli Sicurezza existe depuis vingt ans, mais votre parcours d’entrepreneur remonte à quarante ans… quelles en ont été les principales étapes ?

Je dois reconnaître que, quand je m’arrête pour y penser, j’ai du mal à croire que 42 ans se sont écoulés depuis la création de l’entreprise Baldelli. C’était en 1979, j’étais un jeune homme de 18 ans avec un petit grand rêve : construire quelque chose qui m’appartienne. Je me souviens des disputes avec mes parents, qui souhaitaient pour moi un avenir certain et sûr, un emploi stable. Après quelques expériences professionnelles à la commune de Châtillon, j’ai décidé de prendre le risque et je suis parti, mon sac sur l’épaule, avec à l’intérieur ma première caisse enregistreuse, que je gardais précieusement. Il faut se rappeler qu’à l’époque cet appareil n’était pas obligatoire : proposer et vendre quelque chose que l’État n’imposait pas était vraiment compliqué.

Ces années ont été difficiles. Je passais mes journées à visiter chaque commerce de la Vallée d’Aoste avec ma fiancée, qui est heureusement devenue ma femme, mais les résultats n’étaient pas à la hauteur de tous mes efforts. Pourtant, petit à petit, malgré les obstacles et les mille difficultés, j’obtenais mes premiers résultats et j’étais de plus en plus motivé à développer et à faire connaître mon activité.

Le véritable tournant est arrivé en 1983. Un jour, en ouvrant un journal, j’ai lu en gros titres qu’une nouvelle loi allait obliger tous les commerçants à s’équiper de caisses enregistreuses pour lutter, selon les autorités, contre la fraude fiscale. Dès lors, tout a changé. Grâce aux efforts des années précédentes et à ma ténacité, les résultats ont suivi entre 1983 et 1987, année où la dernière catégorie de commerçants devait s’équiper.

Une autre étape importante a été l’arrivée de la nouvelle monnaie en 2001, l’euro : toutes les catégories ont dû modifier ou remplacer leurs caisses enregistreuses, mais aussi leurs balances électroniques, bref tout ce qui effectuait des calculs. Il a fallu, en quelques mois, préparer et programmer des milliers de machines pour le fameux jour du passage de la lire à l’euro, qui s’est fait en une seule journée.

Une autre nouveauté est survenue en 2018, avec la facturation électronique et la transmission télématique des recettes. De nouvelles caisses connectées, de nouveaux formats, et l’on parle encore aujourd’hui de la loterie des tickets de caisse, entre autres. La fiscalité devient toujours plus compliquée, aussi bien pour ceux qui utilisent ces nouveaux outils que pour nous, les distributeurs, qui devons suivre les changements permanents et les demandes, puis nous justifier auprès des clients : ils ne comprennent pas toujours pourquoi leur caisse enregistreuse doit encore subir cinq modifications en un an.

Qu’est-ce que Baldelli Sicurezza aujourd’hui ?

Je pourrais dire qu’après 42 ans dans ce domaine, j’ai décidé de donner une nouvelle orientation à ma vie. Je ne pars pas à la retraite, car le travail m’a toujours aidé et soutenu au fil des années. Être occupé nous rend plus optimistes.

Il y a quelque temps, Zucchetti, une entreprise qui représente le meilleur de l’informatique en Italie, avec un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et 8 000 salariés, souhaitait implanter ses logiciels en Vallée d’Aoste. Le moment était venu. J’ai donc conclu un accord avec elle pour céder la branche de Baldelli consacrée aux systèmes de caisse et aux équipements. Zucchetti pouvait ainsi mieux pénétrer une région comme la Vallée d’Aoste, où il est difficile d’obtenir une part de marché significative lorsqu’on vient de l’extérieur et qu’on n’est pas connu, alors que je détenais cette place depuis 40 ans.

Aujourd’hui, la nouvelle entreprise s’appelle Baldelli Sistemi de Zucchetti. On y retrouve la même équipe avec laquelle je travaillais auparavant, mes anciens salariés. Ma fille Alessandra y travaille aussi : après ses études à Milan, elle avait décidé, en accord avec moi, qu’il valait mieux commencer par une expérience professionnelle en dehors du cadre familial. Ma femme Loredana est également restée, car son expérience constitue une référence pour l’entreprise.

Et ce nouveau chemin ?

Il y a vingt ans, un fournisseur m’a parlé d’un système qui, installé chez les commerçants, pouvait être directement relié aux forces de l’ordre, à la préfecture de police et au commandement des carabiniers. La nouveauté extraordinaire que j’ai immédiatement comprise était un système de caméras : en cas de braquage ou d’agression, le commerçant pouvait appuyer sur un bouton près de la caisse et transmettre une alarme vidéo aux salles opérationnelles de la police et des carabiniers.

J’ai tout de suite contacté l’entreprise de Treviglio qui possédait le fameux projet Securshop et je me suis entendu avec elle pour obtenir la concession du système en Vallée d’Aoste. J’ai conclu un accord avec les associations professionnelles Confcommercio et Confesercenti, qui ont promu le service auprès de leurs adhérents. Nous avons ensuite installé à la préfecture de police et au commandement des carabiniers les serveurs nécessaires pour recevoir en direct les images de l’acte criminel.

J’ai ainsi ajouté la sécurité à la commercialisation des systèmes de caisse. Aujourd’hui, Baldelli Sicurezza est une référence qui propose les meilleurs systèmes d’alarme, d’anti-intrusion et de vidéosurveillance pour protéger les habitations et les établissements recevant du public. Nous avons choisi de nous concentrer sur peu de produits afin de toujours proposer des solutions à la pointe et de fournir un service après-vente avec des interventions de maintenance et d’assistance. À mon sens, ces services sont essentiels pour maintenir les installations en parfait état de fonctionnement, mais aussi pour avoir des utilisateurs satisfaits et convaincus. Nous ne commercialisons que des systèmes d’alarme Made in Italy, ce qui nous permet de garantir pendant au moins 15 ans la disponibilité des pièces détachées et la gestion du logiciel.

La sécurité recouvre aujourd’hui beaucoup de domaines, dont la sécurité sanitaire…

Ces dernières années, nous avons conçu un équipement unique en son genre, avec un détergent à action assainissante testé par le département de chimie de l’université de Turin. Son efficacité est 1 700 fois supérieure à celle de n’importe quel diffuseur de spray assainissant ; nous pouvons donc assurer dans un local, un établissement ou une usine une efficacité réellement unique. Son nom est Nebuclean.

Il émet une vapeur gazeuse à base d’alcool et de glycol, capable d’assainir et de protéger tout environnement, sans contre-indications. Il est également sans danger pour la santé des personnes.

Pouvez-vous donner d’autres exemples de produits proposés ?

Comme je l’ai dit, nous avons choisi peu de produits et de services afin de nous concentrer professionnellement sur leur gestion. La sécurité comprend aussi le contrôle des accès pour protéger les passages et les solutions centralisées qui reconnaissent les personnes accédant à certaines zones et régulent les flux dans les espaces à protéger.

Un autre produit que nous proposons est le générateur de brouillard, sans aucun doute le meilleur produit anti-intrusion au monde. Il empêche de voler ce que l’on ne peut pas voir. Pendant environ 45 minutes, il produit un brouillard si dense que le malfaiteur n’a plus la possibilité de rien dérober. J’ajouterais les systèmes de protection incendie, même si nous y sommes moins experts. Nous réalisons au maximum des installations pour les petites et moyennes entreprises : ce n’est pas notre cœur de métier.

C’est un secteur où l’innovation est très présente…

La formation y occupe une place essentielle. Chaque année, nous suivons tous les cours proposés par nos fournisseurs. Cela représente plus de 40 formations, en ligne ou en présentiel, y compris chez les fournisseurs. En choisissant de ne représenter que certains produits, nous pouvons rester toujours bien préparés.

Vous avez ouvert un nouveau showroom : quelles sont les principales nouveautés ?

Ce nouvel immeuble faisait envie à beaucoup de monde. Lorsque j’ai vu le panneau « à vendre » à Saint-Vincent, je n’ai pas hésité et j’ai contacté les vendeurs. Il s’agit d’une ancienne banque au centre du village, avec huit vitrines. Dès l’achat, nous l’avons entièrement rénovée en quatre mois pour l’inaugurer fin novembre.

C’est évidemment un showroom placé sous le signe de la technologie et de la formation. Dans ces 200 mètres carrés, nous avons aménagé un espace destiné à notre formation et à celle des clients. Notre objectif est de poursuivre le suivi après-vente en organisant avec eux des rencontres de formation de base, car même la centrale que nous installons chez un client peut recevoir des mises à jour de temps à autre.

Nous allons bientôt lancer une communication auprès de nos clients pour les inviter gratuitement à un moment de formation dans notre showroom. Nous avons réalisé une reproduction fidèle d’un chalet afin de rendre réaliste la simulation des tentatives de sabotage qui peuvent survenir dans une habitation. Le client peut ainsi découvrir concrètement son système d’alarme dans notre magasin avant l’installation chez lui.

Qui fait appel et qui peut faire appel à votre entreprise ?

Le désir de sécurité concerne aujourd’hui tout le monde. Je pense par exemple aux entreprises qui stationnent leurs véhicules dans des zones dépourvues d’ADSL et d’électricité. Nous disposons de systèmes très sophistiqués, avec des caméras autonomes sur batterie et équipées de leur propre carte SIM, qui permettent d’envoyer les images par une connexion de données aux personnes souhaitant protéger leur propriété.

Nous faisons souvent du sur-mesure.

Vous arrive-t-il de regarder au-delà des frontières régionales ?

Notre objectif pour les deux prochaines années est de grandir, mais toujours de manière proportionnée. Aujourd’hui, nous avons plus de 1 000 installations anti-intrusion et de vidéosurveillance testées et en fonctionnement, sur lesquelles nous assurons une assistance immédiate. L’entreprise grandit, comme ses effectifs et son offre. Nous ne voulons pas accepter des chantiers pour lesquels nous ne sommes pas en mesure de gérer sérieusement le service après-vente.

Nous avons bien sûr fourni des installations dans le Piémont et en Ligurie, où nous avons protégé certains établissements balnéaires. Nous avons installé des systèmes anti-intrusion dans le Canavese et en périphérie de Turin, où le besoin de sécurité est encore plus marqué qu’en Vallée d’Aoste. Dans la périphérie de Milan, de nombreuses villas portent notre signature.

Mais comment vous est venue l’idée de vous consacrer aux caisses enregistreuses ?

En 1980, j’étais comptable à la commune de Châtillon et je m’occupais des fiches de paie. J’ai alors rencontré quelqu’un qui gérait la comptabilité avec un centre de traitement des données. Il m’a demandé si je connaissais une personne intéressée par la commercialisation de caisses enregistreuses. J’ai répondu que j’allais chercher quelqu’un.

Le lendemain, je me suis présenté avec ma petite veste et ma cravate, et j’ai dit à l’ingénieur : « Je suis prêt. » Il était étonné, car il savait que je travaillais à la mairie, mais je lui ai expliqué que ce travail ne me convenait pas. J’ai pris un risque : pendant les trois premières années, je roulais dans une voiture de 26 ans cédée par mon grand-père et je mangeais chaque jour un petit repas dans la voiture. Tout cela a pourtant beaucoup renforcé mon moral et la passion que j’ai gardée durant toutes ces années. De 1980 à 1983, j’ai connu la faim, et mes parents voyaient en moi un fils qui ne voulait pas réaliser leurs rêves et leurs projets. Puis, en 1983, tout a changé.

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